Carnage de Goma : l’ASADHO exige la démission ou la révocation de certains membres du gouvernement.
Carnage de Goma : l’ASADHO exige la démission ou la révocation de certains membres du gouvernement.
Jean Claude Katende : « On ne peut pas considérer qu’un tel crime se commette dans un pays et qu’il n’y ait aucune tête qui tombe au niveau du gouvernement. »
Le procès en flagrance des tueries de Goma a débuté ce mercredi 06 septembre avec en cause quelques officiers de la Garde Républicaine ainsi que les membres de la secte mystico-religieuse wazalendo.
Plus de 50 personnes ont trouvé la mort lors d’une intervention de la Garde Républicaine contre les adeptes de la secte précitée le 30 août dernier.
Dans une interview accordée à Kinshasamagazine.cd, Maître Jean-Claude katende, président de l’association africaine des droits de l’homme, ASADHO, estime que ce n’est pas acceptable qu’après un crime de cette hauteur, aucun membre du gouvernement n’ait quitté l’exécutif national.
Kinshasa Magazine : Maître Jean-Claude katende, quel est le point de vue de l’ASADHO sur le carnage de Goma?
Jean Claude Katende : Notre point de vue est simple. Je pense qu’il faut condamner d’abord le fait que la garde républicaine dont la mission n’est pas celle de maintenir l’ordre ou de rétablir l’ordre public s’est retrouvée à un endroit où elle ne devrait pas être. Sa mission principale, c’est de garder le président de la République, les membres de sa famille et leurs biens. Subsidiairement , on peut demander à la garde républicaine d’accomplir d’autres missions liées aux missions de l’armée de manière générale. Maintenant , si la garde républicaine est allée jouer le rôle de la police, c’est que quelque part il y a des hautes autorités qui ont demandé que cela se fasse.
KM : Que pensez-vous du procès en flagrance qui démarre ce 06 septembre ?
JCK : Dans le procès qui est organisé, nous pensons qu’on a pris des criminels qui sont des exécutants en laissant les donneurs d’ordre qui doivent être parmi les hautes autorités du pays. Et c’est important de considérer aussi que c’est dans la précipitation que la commission a été envoyée à Goma et, de manière expéditive elle a produit un rapport dont la justice se sert aujourd’hui.
Donc ce procès va permettre d’éviter de mettre la main sur des donneurs d’ordre. On va se contenter de dire que la justice a été dite et que les coupables ont été arrêtés. Nous pensons qu’il y a lieu de faire mieux en poursuivant les investigations. C’est un procès expéditif pour calmer sa conscience.
KM : Que pensez-vous du rappel du gouverneur militaire du Nord Kivu à Kinshasa et des autres mesures prises?
JCK :Le rappel du gouverneur militaire à Kinshasa ne signifie rien. Je prends la fermeture des églises qui ne rempliraient pas les conditions légales, je pense que cette mesure ne peut être importante que si elle concerne toute la République. Ce serait injuste de fermer toutes les églises qui fonctionnent illégalement à Goma et ne pas le faire sur le reste du pays. Globalement, nous sommes déçus par ce qui s’est passé. Que l’armée nationale s’en prenne aux compatriotes qui n’avaient même pas commencé la marche, je crois que c’est grave. On aurait dû voir le premier ministre, le vice-premier ministre, ministre de la défense et le VPM, ministre de l’intérieur démissionner. Et dans le cas où ils ne démissionneraient pas parce qu’ils ont failli à leur charge, le président de la République auraient pu les révoquer.
KM : En conclusion, vous pensez que les mesures prises par le gouvernement face aux tueries de Goma ne sont pas suffisantes?
JCK : Les mesures prises ne sont pas suffisantes. Elles ne sont pas à la hauteur des crimes commis. On ne peut pas considérer un seul instant qu’un tel crime se commette dans un pays et qu’il n’y ait aucune tête qui tombe au niveau du gouvernement. C’est inacceptable.
Interview réalisée par khrystelle Lukusu.
