Après l’échec de l’EAC, les forces de la SADC contre les M23

La force sous régionale de la communauté pour le développement de l’Afrique australe (SDAC) se déploie depuis le 27 décembre 2023 dans la province du Nord-Kivu en remplacement de celle de l’East African Community (EAC) que le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement remercié depuis le 15 décembre 2023.

Des soldats de l’armée sud africaine, tanzanienne et du Malawi sont déjà sur le terrain. Kinshasa compte désormais sur cette force investie d’une mission offensive pour récupérer tous les territoires occupés par le M23. La même mission que celle de leurs prédécesseurs de l’East African Community à qui il avait été demandé de mettre fin à la présence militaire du M23 soutenu par le Rwanda dans les territoires congolais qu’ils occupent au Nord-Kivu depuis plus d’une année.

Après une année de présence dans le Nord-Kivu, les forces de l’EAC n’ont pas été à la hauteur de la mission leur assignée. Les rebelles ne se sont jamais retirés d’un seul iota. Au contraire, ils ont renforcé et consolidé leur position offensive tout en élargissant l’espace occupé.
Il fallait donc changer de stratégie pour bien résoudre cette équation. Et la « recette Mzee Kabila » employée pour combattre la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) déclenchée en août 1998 s’est invitée dans cette nouvelle aventure belliciste du Rwanda dans l’Est de la RDC sous couvert du M23. Elle s’appelle force de la SADC.
Mais une question se pose: ces soldats de la SADC sauront-ils résoudre l’équation abandonnée par leurs frères d’armes de l’EAC? Une tentative de réponse à cette préoccupation paraît actuellement prématurée. Seule l’avenir pourrait nous en dire plus surtout qu’il est question d’un défi sécuritaire de grande envergure que le président Félix Tshisekedi qui vient de succéder à lui- même s’est engagé à relever pour ramener la paix dans cette partie du pays meurtrie par des décennies de guerre.
Cependant, cette histoire qui se répéte dans l’ex-Zaire renseigne que les soldats sud africains, namibiens, zimbabwéens et angolais venus secourir le régime de Kabila le père à l’époque n’avaient pas réussi à chasser les hommes du RCD de leurs bastions. Mais ils avaient plutôt pu contenir et stopper leur progression.
Le rétablissement de l’autorité congolaise dans les espaces contrôlés à l’époque par les différentes ailes rebelles du RCD et du Mouvement de Libération du Congo (MLC) n’a été possible qu’après le dialogue entre différentes parties belligérantes réunies dans la ville sud-africaine de Sun city. Mais ce dialogue reste jusque là difficile à imaginer pour le cas du M23 que Kinshasa qualifie non seulement de terroristes, mais aussi des marionnettes de Kigali.
Marion MPUTU
