Sur le podium avec Pépé Felly MANUAKU Mémoire dans les cordes : 55 ans de guitare et de passion
En ce beau dimanche aux allures d’été indien, les petits plats ont été mis dans les grands.
Il faut croire que la nouvelle dynamique lancée par les anciens du Collège Boboto en Belgique, a pris un tournant décisif en ce 12 Octobre en accueillant avec faste et émotion l’un des plus grands guitaristes de la musique congolaise ; Pépé Felly Manuaku Waku.
Le doigté magique du génie de la guitare congolais était accompagné par la voix de sa chère et tendre épouse au chant. L’exercice auquel nous a soumis Jean-Pierre EALE LIKABE, le maître de cérémonie sous l’oeil vigilant du Dr Claude LUYEYE s’est révélé à l’édifiant et chaleureusement divertissant.

Sous le concept « Sur le podium », l’évènement à la fois rétrospectif et festif a offert un véritable bain d’histoire musicale.
Un demi-siècle d’héritage musical…
Avec élégance et humilité, l’hôte a peint le tableau de ses 55 ans de carrière avec des multiples coloris ; traçant un parcours d’exception jalonné de collaborations légendaires allant de Nico Kasanda à Gina Wa Gina en passant par Rochereau Tabu Ley, Papa Wemba, Nyoka Longo, Evoloko et Koffi Olomide.
Son propos a débuté par une minute de silence observée en mémoire de Franco Luambo Makiadi décédé le 12 octobre 1989 en Belgique à l’âge 51 ans. C’est lui qui inspira le jeune Félix Manuaku à ses 14 ans.

La carrière de Félix Manuaku Waku connu comme Pépé Felly Manuaku commence véritablement en 1969 avec la naissance du Zaïko Langa-Langa dont la sera le chef d’orchestre et où il composera des tubes comme Chouchouna, Mbeya-mbeya, Eluzam, Zaïko Wawa…
Ce dernier titre inspire « le maître de la troisième école » lorsqu’il crée le Grand Zaïko Wawa après sa démission du Zaïko Langa Langa. Ici des titres comme Eke ya pamba, Menaces de divorce, Drapeau blanc vont tenir les mélomanes en haleine et vont propulser différents chanteurs.
Pépé Felly est également membre fondateur de « Les Ya Toupas » avec Ray Lema et son génie créatif transcende les frontières avec de multiplie les collaborations à travers le monde.
Il souligne que tout jeune, il puise ses premières inspirations dans la musique traditionnelle congolaise, ancrant ainsi son art dans un héritage profond.

Parmi les invités de marque, on notait la présence de M. Jean-Pierre NIMY, le fondateur du premier orchestre congolais en Belgique, Yé-Yé National.
Avec Pépé Felly, ils ont partagé un moment d’échanges passionnant sur la musicalité et les subtilités des gammes et de sonorités. Un dialogue que seuls les guitaristes maîtrisent, apprécié aussi bien par les connaisseurs que par les profanes. Les échanges intéressants avec le public ont été ponctués d’exécutions de certains tubes. Un vrai régal !
Le grand cinéaste congolais, M. Dieudonné Mwezé Ngangura, réalisateur du film « La vie est belle » était également dans la salle ainsi que d’autres personnalités de la diaspora congolaise.

Une soirée aux saveurs de Kinshasa
Les attentes du public, venu en grand nombre, ont été largement dépassées. Entre témoignages, démonstrations musicales et moments d’improvisations artistiques, l’ambiance était à la fête. La prestation vocale de l’épouse de Pépé Felly a touché les cœurs, apportant une note de tendresse et de complicité à ce moment mémorable.
La gastronomie n’a pas été en reste. Le chef Olivier Monkisheme a ravi le palais des convives en revisitant avec brio les classiques de la cuisine congolaise, offrant un véritable festin.
La soirée s’est terminée sur des pas de danse improvisés, des applaudissements frénétiques de l’assistance transformée en chorale, apportant de la chaleur dans ce coin de verdure habituellement paisible. Le temps d’une soirée, au rythme des guitares, des souvenirs et de l’émotion partagée, Woluwe Saint Pierre fut transformé en une extension de Kinshasa.
Pour kinshasamagazine.cd
L.K.M
