L’équation Matata sera-t-elle finalement résolue ?
Le sénateur et ancien premier ministre Matata Ponyo est encore loin d’en finir avec les instances judiciaires de la République démocratique du Congo qui, visiblement, tiennent mordicus à obtenir un jugement contre ce candidat président à qui l’opinion impute le détournement d’au moins 200 millions de dollars américains, fonds destinés au projet du parc agro industriel de Bukanga Lonzo, dans la province du Kwango.
Va-t-il finalement être jugé ? par quelle juridiction et pour quelle accusation ? Les faits reprochés à l’élu de la province du Maniema datent de l’époque où il assumait les fonctions de premier ministre. Et en tant que tel, c’est la cour constitutionnelle qui devrait le juger. Mais des omissions ou ce que des initiés de la loi qualifient d’« imperfections juridiques » décelées dans la constitution semblaient jusque-là avoir joué en faveur de l’ancien premier ministre. Et comme le doute profite à l’accusé, le juge naturel du premier ministre, s’est déclaré incompétent.
Logiquement ce dossier devrait définitivement être clos pour que « Mapon » recouvre ses immunités surtout que les arrêts de la haute cour sont inattaquables. Mais hélas, le ouf de soulagement poussé par l’homme à « la cravate rouge » n’a été que de courte durée. La cour de cassation qui est le juge naturel d’un parlementaire s’est saisi de l’affaire pour se déclarer à son tour incompétente de juger un ancien premier ministre.
Malgré les critiques des analystes et spécialistes, la haute juridiction relookée du pays s’est ressaisie du même dossier faisant table rase de l’arrêt rendu auparavant par lui-même. Quelle sera la nouvelle procédure ? Et l’accusé qui a déjà précédé la probabilité d’un éventuel procès qui pointe déjà à l’horizon va-t-il avoir gain de cause en récusant le procureur de la cour constitutionnelle et le sénateur Bahati qui siège au perchoir du Sénat ?
Les premières tentatives de sa mise en accusation n’ont pas réussi face au refus de ses collègues sénateurs de voter pour la levée de ses immunités parlementaires comme l’exige la loi. Il a fallu donc passer par un raccourci de la décision du bureau de la chambre haute du parlement au moment où les élus des élus étaient pleines vacances parlementaires pour faire sauter ce verrou.
