Kidnapping à Kinshasa : les taxis, désormais des véritables maisons hantées.
Ils font peur. Ils vous hantent. Une fois à l’intérieur, vous épiez chaque mouvement. Vous êtes concentrés sur les faits et gestes de chaque client à bord avec vous. Et vous avez en tête, un scénario de votre réaction une fois que la situation à bord prendrait une tournure inquiétante. Voilà désormais le quotidien des usagers des taxis kinois. Le taxi, autrefois moyen de transport réservé aux nantis est devenu pour beaucoup, la pyramide de tutankamon dans laquelle on craint les pièges et les momies . Le vent des kidnappings est tel que la population préfère désormais emprunter les taxis-bus communément appelés esprit de mort ou les motos-taxis . Une situation qui n’est pas sans conséquence pour les chauffeurs des taxis. Quelques uns que la rédaction de Kinshasamagazine.cd a rencontré se sont plaints d’une baisse sensible de la clientèle.
« Ces derniers temps, la population préfère les bus et les wewas. Nous sommes traités comme des pestiférés ces jours. Et les affaires ne tournent plus. » a dit un chauffeur de taxi.
A un autre chauffeur d’ajouter, « ces kanaks à ont jeté de l’opprobre sur notre travail. Maintenant dès qu’il y a 2 personnes à l’arrière, trouver un 3ème client est devenu un véritable chemin du combattant. Là journée dans certaines circonstances ça se passe bien mais le soir, les clients évitent les taxis»
Les finances des propriétaires des taxis qu’on appelle mopao en prennent un coup. Une baisse de 20, voire même 30% est observée. Un chauffeur se lamente: « les versements, -entendez frais qu’un chauffeur verse auprès du propriétaire du véhicule- souffrent énormément. Avant ces kidnappings on pouvait réunir 70.000 fc sans problème, aujourd’hui faute de clientèle je verse 40.000 ou 50.000fc. » Côté population, la peur des taxis demeure sans rides. Et ce, malgré le procès des kidnappeurs organisé au Ministère de l’intérieur et qui a vu ces brigands condamnés à la perpétuité. Les taxis font peur . « Jene monterai plus dans un taxi. Je préfère marcher à pieds s’il n’y a pas des taxis bus ou des motos.» a déclaré un kinois qui révèle que sa petite sœur a été kidnappée mais heureusement, ces kidnappeurs n’avaient que pris son sac à main. Mais d’autres ont toute de même relativisé la situation évoquant la difficulté de se déplacer sans taxi dans certaines conditions. « Nous qui faisons certaines courses à la Gombe ici, nous n’avons pas d’autres choix si ce n’est le taxi. » Et face aux probables danger de se faire kidnapper, ils n’ont rien d’autres comme moyen de défense si ce n’est d’en remettre à la grâce de Dieu. « si Dieu ne garde pas, ceux qui gardent travaillent en vain. C’est donc Dieu qui nous protège. »
Face à cette situation , le gouvernement semble limité. Après le procès en procédure de flagrance de quelques kidnappeurs, c’est encore le silence de cimetière de la part de l’exécutif national. Chacun kinois essaie de prendre ses propres mesures de sécurité. Certains ont simplement pris l’option de rentrer auplus tôt à la maison.
KHRYSTEL Lukusu
