17/02/2026

La traditionnelle visite des cimetières aubaine pour les commerces

Comme tous les premiers août la tradition a été respectée. Les cimetières de la ville de Kinshasa où fossoyeurs, fabricants des pierres tombales, vendeurs de gerbes de fleurs et de vin de palme se sont joints aux tenanciers des restaurants de fortune pour se faire un peu d’argent au moment où les familles éprouvées rafraîchissaient les sépultures de leurs proches.

« Je suis venu entretenir la tombe de ma mère décédée il y a 10 ans. C’est chaque année en cette date que nous venons arranger cet endroit où repose son corps. Nous nettoyons tout en coupant l’herbe et puis déposons les herbes de fleurs », a dit Emelyne Zinga fille d’une défunte enterrée au cimetière de Mingadi, dans la périphérie Ouest de la ville de Kinshasa.

A quelques mètres de là où sarclait Émeline, Isidore Mbayo demande aux peintres de donner un dernier coup de pinceau sur le pourtour du caveau où repose son oncle maternel. « C’est lui qui m’a élevé. Je vis en Europe mais mon séjour à Kinshasa a coïncidé avec cette journée, j’ai décidé de venir rendre propre le lieu où repose son corps », a-t-il affirmé sur un ton laissant transparaître une douleur de séparation.

Le premier août a été aussi une occasion offerte à tous ceux qui tirent des bénéfices financiers en rapport avec les activités autour des cimetières. Cas des fossoyeurs, fabricants des pierres tombales et les vendeurs des gerbes de fleurs.

« Aujourd’hui nous avons beaucoup de travail.  Nous aidons plusieures familles pour l’entretien moyennant quelque chose. C’est une journée fructueuse pour nous bien qu’il y a beaucoup à faire », a affirmé Jules kizala fossoyeur.

Cette sorte de sentiment de satisfaction s’est également lu sur le visage de Alpha Muina, vendeur des pierres tombales à Mbenseke.

« Nous avons reçu plusieurs commandes des aujourd’hui. C’est une bonne journée pour nos petites affaires même si c’est douleureux pour nos clients », dit-il.

Les restaurants à ciels ouverts se sont également invités autour des cimetières au même titre que le vin de palme. Parmi les clients se recrutent aussi les personnes trouvées au cimetière dans le cadre de la célébration de la journée du premier août. Ce qui fait plaisir à Angélique Bisengo qui n’a pas hésité à proposer des morceaux de poisson et cuisses de poulets grillées aux visiteurs occasionnels des sépultures. « Je sais que c’est un cimetière mais ceux qui ont faim peuvent bien manger », renchérit-elle

François WALY

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