17/02/2026

Les insurmontables embouteillages de Kinshasa

Faire des courses ou conduire sur les artères de la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, implique d’intégrer une donne incontournable : Les embouteillages dont la récurrence quasi permanente s’est imposée dans le quotidien aussi bien de chauffeurs que de simples passagers.

Cette contrainte parfois aux allures d’une véritable corvée pour les habitués aux quatre roues motrices semble avoir imposé une certaine discipline à plusieurs personnes. Se réveiller tôt et partir dès les premières heures de la matinée pour éviter les embouteillages. « Moi je quitte la maison tous les jours à 5h30’ pour ne pas être en retard au travail », avoue Lucien Kanku, employé dans une alimentation à la Gombe.

La ville de Kinshasa construite au départ pour abriter une population estimée à 400.000 habitants avant l’indépendance de la RDC a connu une démographie galopante qui a par ailleurs occasionné la naissance de nouvelles cités ou communes dont certaines restent enclavées jusqu’à ce jour. Le nombre de véhicules aussi a augmenté. Mais la construction des infrastructures routières n’a pas suivi ce rythme.

L’élargissement de certaines artères principales datant de l’époque coloniale, suivi de la construction des sauts-de-mouton qui avaient semblé atténuer la congestion de la circulation n’ont visiblement pas eu raison de l’épineux problème de bouchons.   

De l’avis des spécialistes de la régulation de circulation routière, le manque de parkings le long de plusieurs axes routiers est aussi à la base de cette situation. Les chauffeurs indisciplinés s’improvisent des arrêts selon leur vouloir et cela au vu et au su de la police de circulation souvent passive. « Nous chauffeurs aussi en sommes responsables. Chacun est pressé de passer. Dans cette précipitation il y a  parfois des accidents », dit jean Sembadi transporteur des poids lourds.

Affirmation appuyée par un autre conducteur de camion poids lourds, Patrick Tekasala, qui n’a pas hésité à lancer un appel aux dirigeants en vue de résoudre les embouteillages qui donnent du fil à retordre à plusieurs usagers de la route. « Nos autorités doivent trouver une solution à ce problème pour nous faciliter la tâche. Nous avons des routes en très mauvais état. Ce qui ne facilite pas la fluidité du trafic. C’est aussi l’une des causes des embouteillages », renchérît-il.

Sectionnement des itinéraires par les transporteurs en commun

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les transporteurs en commun profitent souvent de ces interminables bouchons pour sectionner les itinéraires à travers la pratique communément appelée « demi terrain ».

« Nous faisons les demi- terrain à cause des embouteillages. Les clients croient que nous le faisons de mauvaise foi. C’est plutôt un problème de temps par rapport au versement nous exigé par les propriétaires des véhicules », dit Thierry Ngoyi chauffeur d’un minibus 207.

Même son de cloche pour le convoyeur Cyrille Bilembe. « Nous prenons les passagers sur les tronçons routiers où la circulation est fluide pour les transporter jusque-là où commencent les embouteillages et nous les faisons descendre. C’est pour éviter des pertes en temps et en carburant. Ce n’est pas de notre faute », affirme-t-il.

Activités concentrées sur la Gombe

À Kinshasa le matin, presque tout le monde va vers une seule direction : la Gombe. Toutes les activités sont concentrées au centre-ville. L’administration publique, les ministères, les sièges des institutions nationales, les maisons de commerce, les banques, le marché central, les plus grands hôpitaux, les hôtels de luxe et même certains établissements d’enseignement supérieur se trouvent dans la commune de la Gombe. Le matin, tout le monde se rend en ville. Le soir, c’est le retour à la cité, avec le même flux des véhicules sur les routes.   

La police serait-elle aussi à la base des embouteillages ?

L’une des cause des embouteillages est aussi attribuée à la police de circulation routière. « Nous sommes beaucoup critiqués par la population qui nous accusent d’occasionner les embouteillages parce que nous exigeons aux chauffeurs de garer les véhicules pour vérifier les documents de bord. C’est notre travail. On n’a pas de choix. C’est pour la sécurité de la population », réplique un commandant de la police de circulation routière en poste à Mitendi, Jean Kianda.

François WALY

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