Baisse du taux du dollar : pour combien de temps ?
Après une baisse vertigineuse du taux de change, la parité entre le dollar américain et le franc congolais semble, relativement stable sur le marché de change. Même les cambistes du marché parallèle, longtemps accusés d’avoir profité de la dépréciation accélérée de la monnaie nationale, s’alignent désormais sur un taux oscillant entre 2 100 et 2 200 FC pour un dollar — un niveau presque identique à celui affiché par la Banque centrale du Congo (BCC).
Un signe d’accalmie, certes mais derrière cette stabilité apparente, de nombreuses interrogations persistent. Jusqu’où et pour combien de temps le franc congolais pourra-t-il résister face au dollar, cette monnaie qui dicte depuis toujours le tempo de l’économie congolaise ? La BCC continuera-t-elle à injecter des devises sur le marché pour contenir les fluctuations ? Et surtout, s’agit-il d’une mesure durable ou simplement d’un palliatif à court terme ? Autant de questions qui agitent les esprits des économistes comme de la population.
Le dollar recule, les prix résistent : où est passé le pouvoir d’achat ?
Pourtant, contrairement aux attentes positives que la baisse du dollar avait suscitées, les ménages congolais peinent à percevoir les effets concrets de cette embellie monétaire. Dans les marchés de Kinshasa comme dans les provinces, les prix des biens et services demeurent élevés, parfois même en hausse. Loin de soulager les portefeuilles, la situation actuelle semble plutôt aggraver l’érosion du pouvoir d’achat.
Ce paradoxe interroge : comment expliquer que la stabilité du taux de change ne se traduise pas par une amélioration du quotidien ? En réalité, la structure des prix en RDC reste largement dollarisée. Les commerçants, confrontés à des coûts d’importation volatils et à une fiscalité souvent imprévisible, hésitent à répercuter les baisses de change sur leurs prix. Résultat : la population ne profite ni de la remontée du franc congolais, ni d’un véritable répit sur le plan économique.
La liesse populaire observée lors des annonces de la reprise du franc congolais paraît donc bien fragile. Sans une politique cohérente de stabilisation durable, accompagnée de mesures concrètes pour réguler les prix et soutenir le pouvoir d’achat, la stabilité monétaire risque de rester une victoire symbolique, sans impact réel sur la vie quotidienne des Congolais.
Kinshasa Magazine
Rédaction économique
