16/02/2026

Ces crevasses qui gagnent de plus en plus d’espace sur les routes de Kinshasa

Crevasses et nids de poule continuent de s’imposer sur certaines routes de Kinshasa. Dame la pluie qui fait son grand retour n’arrange pas les choses. Les conducteurs  hésitent désormais à  prendre le risque d’exposer les amortisseurs de leurs véhicules à l’irréparable.

Le trafic routier généralement caractérisé par d’insurmontables embouteillages se transforme en  un véritable casse-tête.

Plusieurs axes routiers affectés par la dégradation sont toujours en attente d’un éventuel passage des agents de l’office des voiries et drainage (OVD) ou des techniciens commis à l’exécution de l’opération « Kinshasa zéro trou ». C’est notamment le cas de l’avenue de Libération, ex-24 novembre dans son tronçon compris entre le rond-point Moulaert et la prison centrale. Ici, tous les conducteurs, même les plus pressés, sont contraints de rouler à 20 km à l’heure suite au mauvais état de la chaussée. La quantité d’eau de ruissellement sur cette route est une aubaine pour des jeunes qui se font de l’argent en transportant les piétons aux dos.

Situation similaire sur la route By-pass sur l’axe reliant le rond-point Ngaba et l’entrée sud du quartier Righini où les nids de poule datant de plusieurs mois compliquent sérieusement le trafic. « Je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi les autorités négligent cette partie de route aussi importante. Il y a longtemps que la chaussée s’est dégradée à cet endroit. Ce qui est grave c’est le fait que plusieurs dirigeants de Kinshasa passent par ici sans se faire le moindre souci par rapport à ce qu’ils voient », a confié sous anonymat un riverain de cette avenue.

La route Gambela, tronçon entre ses intersections avec les avenues Kasa Vubu et Ngiri-Ngiri, n’échappe pas non plus à l’omniprésence des crevasses. Les usagers de cet axe routier sont déjà habitués à une sélection systématique des trous pour éviter d’exposer les pneus des voitures à la crevaison .

Ce tronçon de l’avenue Gambela, appellation qui rappelle les prouesses militaires des soldats de la force publique congolaise engagés dans la deuxième guerre mondiale contre les troupes italiennes attend désespérément le passage des engins de l’Ovd pour colmater les brèches afin de permettre une circulation fluide des véhicules dont les bus de l’entreprise Transco avec le terminal de sa ligne d’exploitation Ngiri et gare centrale.

Les transporteurs en commun qui exploitent les lignes marché central-Kimbanseke en savent quelque chose. « Pendant la saison sèche je pouvais bien transporter mes clients jusqu’au marché municipal, voire le cimetière de Kimbanseke. Maintenant c’est compliqué parce que la dégradation de la chaussée s’est aggravée à tel point que tous petits trous se sont agrandis », se plaint José Nsaka, conducteur de minibus 207.

Les tronçons routiers de la ville de Kinshasa en attente de colmatage des brèches et des fissures sont encore nombreux et ne cessent de l’élargir au fur et à mesure que la pluie les arrose. L’avenue colonel Ebeya à son croisement avec celle des Huileries récemment débaptisée « Etienne Tshisekedi », reconstitue déjà les eaux de ruissellement ses mares où s’embourbent souvent qui ne maîtrisent pas la cartographie des chaussées à risque pendant la saison de pluie.

Victoire, artère sur laquelle se déversent plusieurs autres symboliques de hauts faits d’armes de l’ancienne force publique (Birmanie, Assossa, Saio) aujourd’hui forces armées de la République démocratique du Congo, n’est pas encore totalement épargnée malgré sa réhabilitation du côté rond-point victoire jusqu’à la jonction avec l’avenue de l’université. Sa perpendiculaire avec l’avenue Éthiopie en état de dégradation semble avoir échappé à l’opération « Kinshasa zéro trou ». Elle contraint les conducteurs au ralentissement de vitesse. Ce qui entraîne aussi un embouteillage  quasi permanent.

L’ombre des crevasses plane également sur certaines des routes nouvellement construite. Notamment Assossa à son croisement avec Ngiri-Ngiri où les petits trous gagnent de plus en plus en espace. Makanza dont l’asphalte date à peine d’une douzaine de mois se dégrade déjà à son croisement avec Gambela.

François WALY

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