17/02/2026

«Demi terrain » , une mauvaise pratique qui résiste …

Les usagers des transports kinois font les frais de la pratique de « demi terrain », qui consiste en des sectionnements de trajets  par les transporteurs en commun aux heures de pointe.  Malgré son interdiction, les chauffeurs continuent de façon systématique à l’imposer . Au grand dam des passagers . Cela s’accroît en cette saison pluvieuse où la dégradation de la voirie ne cesse d’entraîner de récurrents embouteillages sur les principales artères.

Les itinéraires officiellement déterminés par l’hôtel de ville de Kinshasa sont systématiquement sectionnés . Les pauvres passagers sont contraints de dépenser deux, trois, voire quatre fois plus que le prix de la course sur un des trajets. « Logiquement quand on sectionne le trajet, on doit faire payer aux passagers la moitié du tarif normal. Mais ce n’est pas toujours le cas. Le chauffeur vous impose de payer 1000 francs sur un trajet parcouru à moitié », se plaint un passager.

La dernière grille de tarification publiée dans un arrêté du gouverneur de la ville fixe par exemple à 1000 francs congolais le prix d’une course sur le trajet marché central – Kimbanseke. Du centre-ville à victoire, le prix de la course est fixée à 700 francs. Mais personnes d’entre les transporteurs en commun n’applique cette grille tarifaire, excepté l’établissement public de transport au Congo, Transco.

Cependant , le charroi automobile de cette entreprise publique est encore loin de résoudre le croissant besoin de moyens de locomotion dans la ville de Kinshasa où environs 10 millions de personnes se déplacent tous les jours. Selon certaines indiscrétions, cette société ne disposerait que d’une centaine des bus en circulation à Kinshasa. Ce qui serait insignifiant. On espère que l’usine de montage de ces bus récemment installée à Limete pourra renverser la tendance en renforçant continuellement le charroi automobile de Transco.

Embouteillages et mauvais état des routes sont souvent les raisons généralement évoquées par les transporteurs en commun pour justifier cette pratique préjudiciable à la mobilité de la population . «La ligne de transport que j’exploite c’est Gambela Kimbanseke. Mais je ne sais pas bien travailler parce que la route s’est détériorée. Je dois quand même protéger mon véhicule surtout que les pièces de rechange coûtent cher », explique un conducteur de minibus.

La dernière hausse du prix du litre de carburant à la pompe, bien que légère, fait également partie des raisons avancées. « Quand le prix de l’essence est revu à la hausse à la station, la population ne réclame pas. Mais quand nous augmentons le coût du transport vous réclamez. Pourquoi cette injustice ? », s’insurge un conducteur de taxi.

Mais à la division urbaine de transport, les experts estiment qu’en dehors du fait que certains tronçons routiers de la ville sont en mauvais état, les conducteurs qui sectionnent les itinéraires sont plutôt animés de mauvaise foi. « La hausse du coût de transport ne se fait pas de façon unilatérale. Il y a une commission dont l’association des chauffeurs du Congo est membre. Cette commission se réunit pour étudier tous les paramètres qui peuvent  justifier l’augmentation du prix de transport », affirme Alfred Ndona, chef de service à la division urbaine des transports.

François WALY

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