Encore un rendez-vous manqué dans la résolution de la crise congolaise ?
L’avant-projet d’un accord de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, attendu pour le vendredi 2 mai dernier, n’a finalement pas été présenté
à Washington. Pourtant, une semaine avant cette date qui aurait pu marquer son entrée dans les anales politiques congolaises, les représentants rwandais et congolais avaient promis d’y travailler d’arrache-pied.
Que s’est-il passé pour que le rendez-vous pris à cette date ne soit pas respecté? La question nourrit moultes commentaires, analyses et autres conjectures.
Ce rendez-vous manqué du 2 mai 2025 vient de rallonger la liste de ceux qui laissent le citoyen lambda sur sa soif d’apprendre quelque chose sur l’évolution de la crise qui secoue l’Est de la RDC depuis ce que d’aucuns qualifient de résurrection du M23 pourtant vaincu il y a une bonne douzaine d’années.
Si aucune information n’a pu filtrer sur ce qui pourrait avoir retardé la rédaction de ce texte du côté rwandais, il y a fort à parier que les différents points de vue émis par l’opinion publique congolais après la signature de la déclaration de principe pourraient avoir poussé les décideurs à se donner un temps de réflexion et peut-être rectifier les tirs avant de passer à l’action.
Au delà du caractère salvateur défendu par les officiels, plusieurs personnalités politiques et des acteurs de la société civile se sont montrées très réservés, voire dubitatifs après la signature de ce document, évoquant la thèse d’une hypothèque des resources naturelles du pays. Les critiques émises dans ce sens pourraient expliquer ce rendez-vous manqué qui rappelle celui de Luanda.
Le point qui soulève de nombreuses réactions est celui lié au fait que les parties souhaitent encadrer l’exploitation des ressources naturelles, renforcer la transparence et attirer des investissements mutuellement bénéfiques, notamment américains.
Il s’agit d’une question de souveraineté nationale qui engage tout un pays, tout un peuple. Selon toute vraisemblance, l’avant-projet de l’accord de paix en gestation a pour soubassement la déclaration de principe déjà signée sous la facilitation de l’administration Trump.
Marion MPUTU
