16/02/2026

Et si l’éradication du banditisme urbain passait par le Service national ?

Le service national dont le centre opérationnel est basé à Kanyama Kasese, dans la province du Haut-Lomami,  accueille les inciviques (kuluna) qui y sont acheminés dans le cadre d’une formation pour leur reinsertion dans la société.

Ce centre créé en 1997 par le président Laurent Désiré Kabila, a fait ses preuves en accueillant des jeunes diplômés et autres chômeurs sur la base du volontariat pour y être initiés à divers métiers et au patriotisme. En septembre 2022, il a ravitaillé Kinshasa avec trois barges transportant chacune 500 tonnes de maïs produits essentiellement par ses pensionaires après un temps de formation.

Dimanche 14 avril dernier, un autre groupe de 1600 kuluna reconvertis après deux ans formation professionnelle en maçonnerie, menuiserie et autres domaines dans ce même centre sont rentrés à Kinshasa en attendant leur déploiement dans plusieurs coins du pays dont la commune périphérique de la N’sele où certains sont attendus pour être affectés à la fabrication des bancs pupitres à distribuer aux écoles publiques. Une autre vague de 350 présumés « Kuluna » récemment appréhendés par la police à travers l’opération « panthère noire » vient d’être mis à disposition du même service pour une formation professionnelle.

Ceci démontre tout simplement que le recours à l’expertise du service national dans la lutte contre le phénomène « kuluna » en soumettant ses différents acteurs à une formation professionnelle est non seulement un idéal,  mais aussi un bénéfice considérable pour la République démocratique du Congo qui a besoin d’une main d’œuvre qualifiée et capable de contribuer aux multiples défis de développement.

L’emprisonnement pour punir et corriger les personnes reconnues coupables de cette forme de banditisme urbain devenu préoccupant n’est pas suffisant. Elle a d’ailleurs démontré certaines de ses limites dans la mesure où la plupart de condamnés libérés finissent par récidiver au grand dam des victimes, plaignants voire des juges.

Aux yeux des analystes et sociologues, la recrudescence de la délinquance juvénile dans la ville de Kinshasa serait essentiellement due à la dégradation de la situation sociale et au chômage galopant.Ce fléau doit faire l’objet de mesures de prévention, de repression et enfin de reinsertion.

Marion MPUTU

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *