Foot : la plainte du Nigeria contre la RDC n’aura aucun effet, rassure Patrice Rainier Mangenda
La Fédération nigériane de football (NFF) a récemment saisi la FIFA d’une plainte officielle mettant en cause l’éligibilité de plusieurs joueurs congolais — entre six et neuf selon certaines sources — ayant pris part au match des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 opposant la RDC au Nigeria, le 16 novembre dernier à Rabat.
D’après plusieurs médias, dont Africatopsports et Punchng, la NFF s’appuie notamment sur la Constitution congolaise, qui consacre le principe de la nationalité « une et exclusive ». L’instance nigériane estime que certains joueurs congolais n’auraient pas respecté toutes les conditions liées au changement d’association ou de nationalité sportive. Elle demande ainsi à la FIFA d’examiner la possibilité d’un forfait infligé à la RDC.
Afin d’éclairer l’opinion sportive, KinshasaMagazine a contacté Patrice Rainier Mangenda, ancien secrétaire général adjoint de la FECOFA et actuellement expert en gouvernance sportive.
Kinshasa Magazine :
Cette plainte du Nigeria peut-elle aboutir à une sanction contre la RDC ?
Patrice Rainier Mangenda :
Cette plainte ne peut pas prospérer. Le Nigeria s’appuie sur une disposition de la Constitution congolaise selon laquelle la nationalité ne peut être détenue de manière concomitante. Or, le football obéit à ses propres codes, protocoles et règlements.
Si l’on se réfère aux règles de la FIFA et au règlement de la compétition, l’opinion congolaise peut rester sereine. L’administration d’une équipe nationale ne peut aligner un joueur — surtout un binational — qu’après autorisation formelle. Lorsqu’un joueur opte pour une sélection, il signe un acte d’engagement écrit, déclenchant un processus administratif strict. À l’issue de ce processus, la FIFA délivre un quitus officiel ou une autorisation écrite adressée à la fédération concernée.
Dans le cas présent, cette procédure a été respectée par la FECOFA.

KM :
Les lois nationales peuvent-elles primer sur les lois du football ?
Patrice Rainier Mangenda :
Non. Le football ne se régit pas sur la base des constitutions nationales, mais selon les statuts et règlements de la FIFA. Il n’y a donc aucune raison pour l’opinion sportive congolaise de s’alarmer.
KM :
Quels éléments pourraient faire échouer la plainte du Nigeria ?
Patrice Rainier Mangenda :
Plusieurs éléments jouent en défaveur de la démarche nigériane.
D’abord, la FIFA a déjà validé la participation des joueurs concernés, ce qui enlève toute portée à la plainte.
Ensuite, les documents officiels — passeports, preuves de changement d’association — sont complets et conformes, ce qui est également le cas ici.
Enfin, en l’absence de preuves tangibles de fraude ou de non-conformité, la FIFA est très peu encline à prononcer une quelconque sanction.
KM :
Le Nigeria peut-il malgré tout obtenir gain de cause ?
Patrice Rainier Mangenda :
La Fédération nigériane ne pourrait avoir gain de cause que si des irrégularités avérées étaient établies : joueurs n’ayant jamais obtenu l’approbation de la FIFA pour changer d’association, documents incomplets ou falsifiés, ou encore violation des délais réglementaires.
En l’état actuel du dossier, ces éléments n’existent pas.
Cap sur les prochaines échéances
Les Léopards sont toujours en course pour une qualification à la Coupe du monde 2026. Une victoire lors du barrage intercontinental prévu en mars 2026 au Mexique permettrait aux Fauves congolais de décrocher leur ticket pour le Mondial.

En attendant, la RDC se prépare pour la Coupe d’Afrique des nations qui débute ce dimanche 21 décembre 2025 au Maroc. Les Congolais entreront en lice le mardi 23 décembre face au Bénin, dans le cadre du groupe D.
Propos recueillis par
Magloire Mfumambala
