17/02/2026

Le potentiel d’éligibilité des candidats à la présidentielle

À la vingtaine de candidats engagés dans la course pour l’élection présidentielle du 20 décembre prochain figurent en bonne position les noms de six  personnalités politiques dont le potentiel d’éligibilité inspire non seulement un questionnement mais aussi une analyse en rapport avec les réalités sociales et politiques de la République démocratique du Congo.

Il s’agit de l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, candidat à sa propre succession, Augustin Matata Ponyo, Moise Katumbi, Denis Mukwege, Martin Fayulu et Adolphe Muzito. Chacun de ces candidats possède des atouts et des potentialités non négligeables avec un électorat dont l’entrée en danse pourrait influencer le scrutin présidentiel dans un sens ou dans un autre.

Le président sortant qui brigue son deuxième mandat part largement favori. Sa candidature est soutenue par plusieurs centaines de formations politiques regroupées au sein de la mega plate forme dénommée « Union sacrée pour la nation ».  Avec les moyens matériels, humains et financiers dont disposent les ténors de ce regroupement politique, Il n’y aura presque pas d’obstacles pour battre campagne dans tous les coins et recoins du pays.

Cependant cet avantage de « l’Union sacrée » n’est pas une garantie assurée face aux autres chalengeurs qui, malgré le fait qu’ils se sont lancés dans la course pour le fauteuil présidentiel en ordre dispersé, détiennent chacun une certaine côte de popularité dont la sommation, en cas d’une éventuelle candidature unique de l’opposition pourrait peser lourd.

Moïse Katumbi dont la candidature a failli être recalée possède une certaine assise quasi nationale qu’il doit surtout à la notoriété de son équipe de football, le TP Mazembe qui serait le mieux organisée de tous les  clubs congolais. Son parti politique, « Ensemble pour la République », bien que jeune parmi ceux qui existent depuis plusieurs années, a déjà un encrage au niveau national. Cet atout renforce par ailleurs la notoriété de son président dont le carnet d’adresse au niveau international lui a permis d’avoir un certain lobby favorable.

Une candidature surprise, et non de moindre qui pourrait bouger les lignes politiques, celle du prix Nobel de la paix, le gynécologue Denis Mukwege. Ce nom qui résonne dans les oreilles des Congolais, surtout celles des femmes victimes des atrocités des guerres à répétition à l’Est de la République démocratique du Congo jouit d’une notoriété qui pourrait, d’une manière ou d’une autre, séduire l’électorat, surtout celui du grand Kivu dans son ensemble.

Ce médecin que certains analystes présentent comme le candidat de la société civile est également bien introduit le milieu occidental d’où pourrait lui provenir des appuis en termes de moyens matériels, voire financiers, pour bien mener sa campagne électorale dans l’immense territoire congolais où la tâche ne sera certainement pas facile vu la dimension du challenge.

Martin Fayulu qui avait réussi à convaincre des millions d’électeurs à la présidentielle de 2018 veut rééditer le même exploit. Son nom est encore frais dans la mémoire des congolais qui lui avaient accordé les voies. Mais la donne politique, surtout les circonstances, ne sont  plus les mêmes. Lors de la dernière élection présidentielle, il avait bénéficié du soutien de ses alliés pour porter l’étendard de l’opposition malgré les dissensions de dernière minute. Cette fois et sauf surprise, chaque leader semble décidé à voler de ses propres ailes.

Le président de l’Ecidé pourrait toujours compter sur des milliers d’électeurs congolais et même des nostalgiques du scrutin de 2018  pour s’imposer face à ses adversaires. Les foules de sympathisants qu’il draine dans ses nombreuses sorties politiques peuvent être considérées comme une preuve que ce candidat garde encore sa cote de popularité sur l’échiquier politique national.

Deux autres engagés dans la course pour occuper le fauteuil présidentiel dans le quinquennat prochain sont Matata Ponyo et Adolphe Muzito. Chefs de leurs partis politiques respectifs , Ils partagent en commun le fait d’avoir assumé les fonctions de chef du gouvernement. Ils ont une parfaite connaissance du pays pour en avoir dirigé les secteurs clés et surtout sensibles.

A défaut de posséder des bastions d’électeurs dans tous les coins du pays, ils ont des bases  solides dans certaines provinces de la République démocratique du Congo. Notamment le Maniema pour l’ancien premier ministre Matata Ponyo, le grand Bandundu pour  Adolphe Muzito. Ces deux candidats peuvent également compter sur l’électorat de Kinshasa où ils ont de nombreux militants.

François WALY

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *