17/02/2026

Le président de l’assemblée nationale victime collatérale de la crise de leadership à l’église du réveil du Congo

Les balles que se tirent depuis plusieurs semaines les protagonistes de la crise de leadership au sein de l’église du réveil du Congo ont quitté le champ de la bataille spirituelle. Leur débordement a commencé à faire des victimes parmi les animateurs des institutions publiques nationales. Le cas le plus patent est celui du président du bureau de l’assemblée nationale, Christophe Mboso, qui a essuyé une menace de malédiction proférée par le pasteur Albert Kankienza.

Ce dernier soupçonne le président de la chambre basse du parlement d’avoir ordonné aux policiers commis à la sécurité du palais du peuple d’empêcher l’investiture du pasteur David Olangi désigné par une frange de membres de l’église du réveil du Congo pour succéder à Israël Dodo Kamba. Les serviteurs de Dieu venus assister à cette cérémonie auraient été malmenés par les éléments de la police. Raisons des excuses exigées à Christophe Mboso.

« Que le président de l’assemblée nationale présente ses excuses aux pasteurs de l’église du réveil… S’il ne le fait pas, le Dieu que nous prions va s’occuper de lui et de sa famille… Dieu le prendra en charge… Pharaon a rencontré le Dieu de Moïse… Érode a rencontré le Dieu de Jesus. Et lui aussi va rencontrer le Dieu des églises du réveil », a déclaré le pasteur Albert Kankienza lors de la cérémonie d’installation de David Olangi désigné pour succéder à Dodo Kamba.

Réponse du berger à la bergère, le pasteur Dodo Kamba qui se considère toujours président de l’église du réveil malgré sa destitution, n’a pas hésité à condamner les propos de son collègue Kankienza contre le président Mboso. Pour lui, le président du bureau de l’assemblée nationale a droit au respect à double titre. D’abord en tant qu’autorité établie, de surcroît deuxième personnalité du pays, et en tant que parent en même temps grand parent  parmi la plupart de serviteurs de Dieu.

« En tant qu’autorité de toutes les églises du réveil du Congo, je demande à Dieu de protéger le président Mboso… J’annule toute incantation, tout plan de ténèbres ou encore toute sorte de malédictions sur lui… Je les annule au nom de Jesus Christ de Nazareth», a de son côté répliqué Israël Dodo Kamba devant un groupes des pasteurs qui lui restent encore fidèles considérant leurs collègues rangés derrière Kankienza de « dissidents ».

Indignée par les propos du pasteur Kankienza que Dodo Kamba qualifie de « lapsus », la jeunesse de la Convention pour la République et la démocratie (CRD) parti cher au président Christophe Mboso, est montée au créneau pour exiger le retrait de menace de malédiction contre son leader, endéans 48 heures,  faute de quoi elle se réservait le droit de saisir les instances judiciaires. Ultimatum largement dépassé sans une seule réaction ou geste portant la signature de l’auteur de la menace de malédiction contre le successeur de l’honorable Jeanine Mabunda Mabunda au perchoir de la chambre basse du parlement congolais.

La pomme de discorde à la base de cette guerre de leadership désormais ouverte entre deux camps des  protagonistes tous membres  d’une institution sensée fédérer les énergies déployées par les responsables des églises du réveil spirituel c’est le statu du mouvement que Dodo Kamba a fait modifier par une assemblée générale « sans se référer aux pères fondateurs » et surtout à l’archevêque général et président honoraire de cette institution.

Le camp rangé derrière le pasteur Albert Kankienza, l’un des pères fondateurs de l’ERC, reproche aux pasteurs pro Dodo Kamba d’avoir falsifié les règles de la confession en supprimant plusieurs dispositions dont celle relative au statut d’archevêque accordée au tout premier président de la structure. « Une faute grave », estime un serviteur de Dieu.

Pour sanctionner cet acte, un groupe de 9 membres effectifs de l’ERC a décidé de destituer le président en exercice pour le remplacer par un autre, en la personne du pasteur David Olangi dont l’installation officielle devrait se dérouler au Palais du peuple. Mais le secrétariat général à la justice qui en avait été saisi, a adressé une lettre à ce groupe lui demandant de surseoir à l’installation du nouveau président.

Hélas, le groupe de dissidents fidèles à Kankienza étaient déjà déterminés d’aller jusqu’au bout de leur initiative. Ces pasteurs ont décidé de maintenir le programme d’intronisation du nouveau représentant légal au palais du peuple. La cérémonie a malheureusement tourné en un incident à la base de la colère des hommes de Dieu.

Le règne du pasteur David Olangi comme successeur de Dodo Kamba n’aura duré que l’espace d’un matin. Car après avoir été mis au parfum de son compromettant casier judiciaire, les serviteurs de Dieu restés fidèles à Albert Kankienza ont désigné et investi un autre représentant légal de la plate forme religieuse ERC. Il s’agit du pasteur Ejiba Yamapia.

Loin d’une prophétie sur l’issue réservée à cette guerre de leadership au sein de l’église du réveil du Congo, la question qui taraude les esprits des analystes et observateurs de surcroît adeptes de la même confession religieuse, c’est celle de savoir si l’homme selon la volonté de Kankienza saura imposer son autorité face à Israël Dodo Kamba dont la destitution a été jugée « illégale » et qui draine derrière lui plusieurs autres pasteurs fondateurs et co-fondateurs de l’ERC qui se déclarent d’ailleurs être du côté de la légalité.

François WALY

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *