Les élections…mais pas pour tous
Le train des élections se rapproche de sa dernière gare. Cependant il n’a pas embarqué tous les passagers sensés prendre place à bord. Ces passagers, ce sont les électeurs de Rutshuru, Bunagana, Masisi, Kitshanga et de plusieurs autres coins de la province du Nord-Kivu jusque là occupés par les troupes du M23 avec l’appui de l’armée rwandaise.
Pas un seul acte en rapport avec le quatrième cycle électoral en cours dont les préparatifs sont très avancés, n’a été posé dans cette zone où la population est soumise aux injonctions et caprices de la rébellion. Aucune antenne locale de la commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a pu ouvrir son bureau pour enrôler les électeurs ou réceptionner d’éventuels dossiers des candidatures.
Sauf surprise ou miracle, le vent de la campagne électorale, dont le début officiel est programmé pour le dimanche 19 novembre, ne pourra certainement pas souffler sur cette partie de la province du Nord-Kivu. La force sous régionale de l’East African Community (EAC) sensée y recréer les conditions propices au déploiement des urnes de la CENI n’est plus en odeur de sainteté avec le gouvernement congolais qui l’a d’ailleurs sommée de plier bagage le 8 décembre.
Avec la reprise des affrontements entre les troupes belligérantes, tout porte à croire que les congolais vivant dans les territoires sous contrôle du M23 ne pourraient pas se présenter devant les urnes pour élire les dirigeants de leur choix. Ils seront non seulement privés de leur droit d’électeur mais aussi mis à l’écart du pouvoir que leur reconnaît la Constitution .
Marion MPUTU
