16/02/2026

Les vagues de la diaspora congolaise en Belgique.

Une rencontre mémorielle à Woluwe-Saint-Pierre regroupant des anciens du Collège Boboto

 

Bruxelles, le 31 août dernier, dans le cadre verdoyant de son jardin à Woluwe-Saint-Pierre, le Dr Claude Luyeye, en compagnie de ses anciens camarades du Collège Boboto, a organisé une rencontre conviviale et mémorielle autour des différentes vagues de la diaspora congolaise en Belgique.

 

Ce moment de retrouvailles entre anciens du Collège Boboto (ABC), s’est transformé en un véritable voyage à travers l’histoire, guidé par l’intervention captivante de l’invité d’honneur : Jean-Pierre Nimy Nzonga, ancien ministre zaïrois de la Jeunesse et cofondateur de l’orchestre emblématique Yéyé National.

 

Une traversée historique des différentes vagues de la diaspora congolaise

 

Après le mot de bienvenue prononcé par Jean-Pierre Eale, maître de cérémonie, l’orateur principal a retracé avec passion les grandes étapes de l’installation des congolais en Belgique. Il a d’abord évoqué Paul Panda Farnana, figure pionnière et premier universitaire congolais, considéré comme l’un des tout premiers membres de la diaspora congolaise installée dans le royaume belge dans les années 1930. Farnana, dont l’héritage intellectuel a été récemment remis à l’honneur par le sénateur honoraire Didier Mumengi à travers un ouvrage littéraire.

 

La seconde vague importante de cette diaspora est intervenue à l’occasion de l’Exposition universelle de 1958, qui a vu plusieurs Congolais débarquer à Bruxelles .

 

Une troisième vague a suivi peu après, marquée cette fois par la participation des politiques et des sportifs. On y retrouve notamment des footballeurs talentueux, comme Mukuna Trouet et les délégués congolais conviés à la Table Ronde de Bruxelles en 1960, prélude à l’indépendance du Congo.

 

Boursiers, musiciens et éveil culturel

 

 

Avec l’indépendance, une nouvelle dynamique s’installe. Un bon nombre de jeunes congolais obtient des bourses d’études pour poursuivre leur formation en Belgique. Répartis entre internats et familles d’accueil, ces étudiants ne tardent pas à se distinguer dans divers domaines, notamment la musique.

 

Jean-Pierre Nimy Nzonga a ainsi relaté une anecdote marquante : lors d’un mariage congolais à Bruxelles, un groupe de jeunes musiciens, parmi lesquels un certain François Bikoko, anime la soirée en reprenant des classiques de la musique congolaise de l’époque – une performance improvisée mais saluée avec enthousiasme.

 

C’est dans ce contexte que naît en 1965 l’orchestre Yéyé National. Une rencontre fortuite avec un jeune guitariste à la Maison Africaine incite Jean-Pierre Nimy à fonder ce groupe. Leur première prestation a lieu durant les fêtes de Noël la même année. Toutefois, cette aventure musicale fut de courte durée. Après leurs études, les membres du groupe – tous boursiers – retournent au pays, comme le stipulaient les conditions de leur séjour.

 

Mémoire vivante et héritage culturel

 

À travers cette rencontre, les organisateurs ont voulu célébrer la mémoire vivante de la diaspora congolaise, soulignant son apport culturel, académique et politique à la fois en Belgique et au Congo. Ces moments de partage entre générations d’anciens sont autant de ponts dressés entre hier et aujourd’hui, entre mémoire et avenir.

 

François WALY

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