Plus de deux millions de déplacés internes au Sud-Kivu, un chiffre qui fait froid dans le dos
La courbe des déplacés internes dans la province du Sud-Kivu en cette année 2025 ne fait que monter suite aux combats récurrents entre les troupes de l’AFC/M23 et les Forces Armées de la RDC appuyées par les patriotes Wazalendos dans plusieurs territoires.
Des organisations humanitaires rapportent des chiffres qui dépassent l’entendement. Plus de 2.080.000 de déplacés internes et plus de 514 milles retournés enregistrés avant la fin du premier trimestre de l’année en cours.
De la partie Nord jusqu’à l’extrême sud de la province du Sud-Kivu, des mouvements sont réguliers et les populations cherchent des abris dans des endroits plus ou moins stables.
Déjà en janvier, le groupement de Buzi Minova en territoire de Kalehe enregistrait des centaines des déplacés en provenance du Nord-Kivu, principalement du groupement Nfuni Nshanga en territoire de Masisi. Ceux-ci étaient hébergés dans des familles d’accueil ou des sites aménagés pour la cause.
Avec la prise de Minova et la progression de l’AFC/M23 jusque dans la ville de Bukavu, d’importants déplacements des populations ont été signalés dans les territoires de Kalehe et Kabare.
Dans un rapport publié par le bureau de la coordination des affaires humanitaires OCHA fin mai dernier, il a été rapporté qu’au terme d’une évaluation rapide multisectorielle réalisée par l’ONG AIDES du 18 au 25 février, plus de 17.300 personnes déplacées ont été recensées soit 2.896 ménages.
Elles ont été repérées dans les aires de santé de Kalehe et Ishovu, chefferie de Buhavu en zone de santé de Kalehe.
Ces personnes ont fui les affrontements dans les localités de Lemera, Katasomwa, Bushaku en avril et Bushushu, Nyamukubi, Nyabibwe, Kiniezire,Mukwidja au mois de février.
Bien plus, au regard de la situation toujours volatile avec des combats récurrents dans plusieurs coins du territoire de Kabare, notamment à Kabamba, Katana et Kavumu, des déplacements continuent d’être enregistrés.
Selon toujours OCHA, des combats sur l’axe Bukavu-Nyangezi-Kaziba et Luhwindja ont occasionné le déplacement d’environ 24 500 personnes vers plusieurs localités à l’Est de la chefferie de Kaziba, ainsi que vers la chefferie de Luhwindja, dans le territoire de Mwenga entre le 18 et le 30 avril.
D’après des acteurs humanitaires et autres sources locales, plus de 86 000 personnes déplacées répartis dans 15 237 ménages sont arrivées depuis début avril dans les zones de santé de Walungu, Nyangezi, Mubumbano et Kaziba, ajoute OCHA.

Dans la partie Sud Sud, des alertes humanitaires rapportent plus de 129 500 personnes déplacées recensées dans les territoires de Fizi et Mwenga dans le secteur d’Itombwe jusqu’en avril.
Sur l’ensemble du territoire de Fizi, seulement 85 300 personnes parmi les déplacés sont accessibles sur les axes bien précis. Par ailleurs, 2 462 familles déplacées ont été identifiées dans plusieurs villages de la zone de santé de Nundu, Groupement de Babungwe Nord dans le secteur de Tanganyika.
Dans un communiqué publié le 17 juin dernier, l’administrateur du territoire de Fizi Kalonji Badibanga a rapporté un nombre d’au moins 100.000 déplacés dans son entité. Il faut préciser que des déplacements sont aussi signalés en territoire d’Uvira, Idjwi, Bukavu Shabunda.
Partout où les déplacés sont signalés, le besoin en assistance humanitaire demeure grand et les organisations humanitaires sont confrontées à plusieurs difficultés. Entre autres, l’inaccessibilité de certains territoires suite à la détérioration des routes, la situation sécuritaire volatile, bref, l’absence d’un couloir humanitaire en période de crise.
KM
