17/02/2026

Répercussions de la guerre au Nord-Kivu sur les assiettes à Bukavu

La ville de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, fait face à une pénurie de produits de première nécessité. Cette situation est directement causée par l’occupation de certaines zones du Nord-Kivu par les rebelles du M23 soutenus par l‘armée rwandaise. Ce qui a entraîné une coupure du trafic routier et lacustre.

Nombreux commerçants de Bukavu s’approvisionnent habituellement à partir du Nord-Kivu où ils achètent des produits tels que les haricots, le riz, les pommes de terre, les fruits et lafarine de maïs.« Les produits que nous vendons, nous les achetons au Nord-Kivu. Maintenant, le marché est vide. Presque tous les fruits que nous vendons viennent de là-bas, c’est pourquoi vous constatez que les produits sont rares ici », explique Hortense Mabulayi, vendeuse au marché  « Feu Rouge »

La ville de Bukavu est coupée de son approvisionnement à cause des affrontements opposant les envahisseurs rwandais à l’armée congolaise. Les prix des denrées alimentaires ne cessent de prendre l’ascenseur du fait de la rareté des produits.

Les pommes de terre qui se vendaient auparavant 1 800 francs congolais le kilogramme, se négocient désormais entre 2 500 et 3 000 francs congolais. Un sac de braises est passé de 75 000 à 100 000 francs congolais. Le prix du riz quant à lui est passé de 20,5 à 22 dollars américains.« Nous demandons seulement aux autorités de tout faire pour chasser l’ennemi, car s’il est présent dans le pays, les activités vont tourner toujours au ralenti »,  ajoute la vendeuse.

La présidente du marché Feu Rouge, qui a souhaité s’exprimer dans l’anonymat, souligne que cette situation l’a soumise à un conflit avec les clients.

« Les clients disent que nous profitons de cette situation de guerre à Goma, alors que nous aussi, nous manquons de marchandises », dit-elle avant de se faire contredire par une cliente: « La marchandise est là mais c’est le prix qui grimpe».

Malgré ces difficultés, le commerce à Bukavu se poursuit tant bien que mal, sauf que la clientèle qui ne sait plus à quel saint se vouer se fait également de plus en plus rare au marché. Ce qui complique aussi les activités commerciales. « Nous sommes serrés, mais la peur n’est pas là », indique une commerçante.

 

Moïse CUBAKA

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