16/02/2026

Timide convergence autour d’une candidature unique de l’opposition à la présidentielle 2023

Les langues commencent timidement à se délier pour soutenir la candidature de Moïse Katumbi à l’élection présidentielle prévue le 20 décembre.  Au lendemain du début officiel de la campagne électorale, trois des 26 prétendants au fauteuil présidentiel ont décidé de retirer leurs candidatures au profit de celle du leader de Ensemble pour la République.

L’ancien premier ministre Augustin Matata a été le premier à le faire dès le premier jour de la propagande électorale. «Conformément à la décision de mon parti, je tiens à annoncer mon désistement à la course présidentielle de décembre 2023 en faveur de Moïse Katumbi Chapwe », a-t-il déclaré dans une vidéo postée sur son compte Twitter.

Le candidat Matata contre qui les poursuites judiciaires dans l’affaire « Bukangalonzo » ont été suspendues jusqu’en janvier 2024  considère son désistement comme une opportunité de « maximiser les voix et de faire échec aux manœuvres du pouvoir ». A ses yeux, l’ancien gouverneur du Katanga « se présente comme le candidat pouvant conduire le ticket de l’opposition  représentée par quatre grands partis et regroupement».

Deux autres candidats présidents lui ont aussitôt emboîté le pas. D’abord Seth Kikuni qui a justifié son ralliement à Moïse Katumbi par le souci de privilégier l’intérêt commun. «(…) faisant suite à l’exemple montré par le candidat Matata sur la nécessité de transcender nos egos et à demeurer dans la quête de l’intérêt supérieur de la nation, je vous annonce, en accord avec mon parti, notre ralliement à Moïse Katumbi comme candidat unique de l’opposition à la présidentielle du 20 décembre 2023 »,a-t-il déclaré.

Le député honoraire Franck Diongo, président du mouvement lumbumbiste progressiste (Mlp) s’est ajouté sur la liste de ralliement au président du tout puissant Mazembe. Il a, à l’instar de ceux qu’il a rejoints, signé une déclaration de désistement commune dans laquelle on peut lire l’extrait suivant: « Notre ralliement répond à l’aspiration profonde du peuple qui réclame un changement de gouvernance. L’aspiration du peuple doit transcender nos egos et ambitions personnelles (…) ».

D’ autres candidats présidents de l’opposition emboîteront-ils le pas à Matata Ponyo, Franck Diongo et Seth Kikuni ? Cette question revêt une importance capitale. Car plusieurs autres qui devraient logiquement poser le même geste après les pourparlers de Pretoria, en Afrique du Sud, où un consensus aurait été dégagé autour de Katumbi comme « candidat capable de conduire l’opposition vers la victoire », semblent garder un mutisme qui pourrait en dire long sur la divergence de l’opposition autour d’une candidature commune à la présidentielle du 20 décembre 2023.

Le candidat Denis Mukwege semble également s’enfermer dans un mutisme obstiné en attendant le jour où il pourrait finalement se prononcer. Son directeur de cabinet, Albert Moleka, a aussi entretenu un flou total autour de la même question sur laquelle il est resté évasif dans sa dernière intervention sur les médias.

Le silence du candidat Martin Fayulu pourrait par ailleurs faire tâche d’huile au consensus sur la candidature commune de l’opposition au fauteuil présidentiel. Selon certaines indiscrétions, il n’ aurait pas trouvé son compte dans les consultations de Pretoria. Un fait qui pourrait expliquer le fait qu’il ait choisi de battre campagne indépendamment des autres candidats de l’opposition.

S’agit-il d’une stratégie pour distraire  le camp adverse ? Difficile d’avancer une hypothèse à cette question. Mais en politique tout est possible. L’histoire pourrait aussi se répéter à l’image de ce que l’opinion congolaise a vécu en 2018 après les consultations politiques de Genève qui avaient abouti à l’accord de coalition sur la candidature commune de l’opposition volée en éclat 24 heures après sa signature. En attendant l’éventualité d’une fumée blanche, la même attitude s’observe aussi au sein du parti de Dely Sesanga, un autre candidat président qui a également choisi, jusque-là en tout cas, de battre campagne en solo, loin d’une idée de candidature commune.

Thethe katabi et François WALY

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