16/02/2026

Travaux de voirie à pas de tortue dans la ville de Kinshasa

Travaux de voirie à pas de tortue dans la ville de Kinshasa

La voirie de la ville de Kinshasa, estimée à 3600 kilomètres de route dont 700 asphaltés ou bétonnés et 2900 non revêtus selon les récentes statistiques de l’office de voirie et drainage ( OVD), est en plein chantier. Mais les travaux avancent à pas de tortue si l’on en croit certains usagers interrogés à ce propos.

Certains des axes routiers restés en état de dégradation depuis plusieurs années, sont en train d’être réhabilités. D’autres qui étaient jusque là des simples routes en terre, se modernisent petit à petit à travers les travaux de construction.

Malgré l’enthousiasme que tous ces chantiers routiers suscitent parmi les bénéficiaires usagers, des inquiétudes demeurent, notamment sur le rythme de travail. Car la saison sèche, moment propice pour ces genres de travaux, tend déjà à sa fin. Le retour de la pluie risque d’être plus compliqué, estime-t-on.

Face à l’incertitude mêlée à la satisfaction de voir les artères délabrées se métamorphoser, Kinshasamagazine.cd a tendu son micro à certains usagers de la route dont les réactions appuient avec nuances, l’exécution desdits travaux sur le terrain.

« On met beaucoup plus l’accent sur le bétonnage (…) une meilleure solution »

« J’apprécie beaucoup la nouvelle approche dans la construction ou réhabilitation de la voirie urbaine. On met beaucoup plus l’accent sur le bétonnage. Je pense que c’est la meilleure solution. Si on met du sérieux dans le mélange de ce béton qu’on est en train de couler ici et là, on aura des axes routiers de bonne qualité et beaucoup plus durables », pense Jeremy Kolo, conducteur de taxi rencontré sur avenue des Huileries. Il est cependant resté sceptique sur la qualité de travail en cours d’exécution. « Mais s’il n’y a pas de sérieux dans le mélange qui se fait, on risque d’avoir des routes à courte durée », a-t-il estimé.

Cet avis n’est pas du tout partagé par Christian Ngongo, conducteur d’un tricycle transportant des passagers entre le marché Bayaka et la maison communale de Bumbu. « Je n’apprécie pas trop la façon dont s’exécute les travaux de réhabilitation des infrastructures routières. On a multiplié des chantiers routiers dans la ville sans faire accélérer les travaux », affirme-t-il.

« Pourquoi ne pas travailler une route après une autre? »

Il se justifie en expliquant que « dans la plupart de ces chantiers, les travaux avancent à pas de tortue. C’est ce qui explique en partie les innombrables embouteillages qui perturbent continuellement le trafic dans la ville ».

« Pourquoi ne pas travailler une route après une autre? Ça pourrait aider à ne pas bloquer certaines artères. Les transporteurs ne le sentiraient pas trop. Et puis on aurait pu privilégier des routes avec une forte circulation comme Kasa-Vubu dans son tronçon compris entre le marché central et la route Kabambare, Bokakasa », s’interroge Adeline Nsimba dont les navettes entre son quartier résidentiel et le centre-ville sont désormais soumises à la pratique de sectionnement des itinéraires communément appelée « demi-terrain ».

« La saison sèche est le moment où ces travaux auraient pu se dérouler avec un rythme accéléré et en toute sécurité. Apparemment on n’en a pas tenu compte. Bientôt, c’est le retour de dame la pluie. Les choses vont encore se compliquer davantage parce que dans la plupart des chantiers routiers, les travaux tournent au ralenti », renchérit de son côté Bertin Magata, retraité de la société congolaise de poste et télécommunications.

Plusieurs projets de réhabilitation des routes à KinshasaPlusieurs projets de réhabilitation et construction des infrastructures routières sont en cours
d’exécution dans la ville de Kinshasa. Il s’agit, entre autres, du projet 115 kilomètres de route en béton dans lequel sont incluses les avenues du Livre, Kalemie, Dima, TSF, Trois vallées, Tombalbaye, Matakumu, Kimbuta, Saio-rond-point victoire- école de navigation.

Un autre projet en cours d’exécution malgré la lenteur observée sur le terrain, c’est celui de 27 kilomètres dans lesquels ont prises en compte les avenues Libération sur son axe compris entre le rond-point Moulaert et l’Université pédagogique nationale (UPN), Bokakassa devenue Franco Luambo, Kalembe-Lembe , Nyangwe et Kabambare.

Sont également en cours d’exécution, les travaux de modernisation de 5 artères autour du marché central. Notamment Rwakadingi, du marché, du marais, de l’école, Kabambare et Kasa-Vubu ainsi que les 54 kilomètres de route incluant les avenues Kulumba, du Cercle, Flamboyant, Père Boka, sport et Birmanie. La liste n’est pas exhaustive…

François WAL

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