Sud-Kivu : la société civile indignée par la posture de Joseph Kabila face à la rébellion
La société civile du Sud-Kivu exprime sa vive indignation face à la posture de l’ancien président Joseph Kabila
La société civile du Sud-Kivu exprime sa vive indignation face à la posture de l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, qu’elle accuse de prendre la tête d’une rébellion soutenue par le Rwanda, pays régulièrement mis en cause dans des rapports d’experts des Nations unies pour son implication dans le conflit dans l’Est de la RDC.
Cette indignation est exprimée dans un communiqué dont une copie est parvenue à la rédaction de Kinshasa Magazine. Dans ce document, le bureau de coordination provinciale de la société civile du Sud-Kivu dénonce la situation sécuritaire et humanitaire qui prévaut en République démocratique du Congo, particulièrement dans sa partie orientale.
Une attitude qualifiée de haute trahison
La société civile du Sud-Kivu considère la récente sortie médiatique de Joseph Kabila comme une « haute trahison » et une « abomination ». Elle estime que cette prise de position constitue une offense à la mémoire des millions de Congolais morts pour défendre la patrie, ainsi qu’une « insulte » à la fonction présidentielle qu’il a exercée jusqu’au 20 janvier 2019.
Pour cette organisation citoyenne, l’ancien président ne saurait, d’une part, continuer à se prévaloir de son statut d’ancien chef de l’État et des honneurs et privilèges qui y sont attachés et, d’autre part, être associé à une rébellion dont les actions portent atteinte à la vie et à la sécurité des populations congolaises.
Le Sud-Kivu plongé dans une crise humanitaire
Au-delà de la controverse politique, la société civile dresse un tableau alarmant de la situation dans la province du Sud-Kivu. Elle dénonce les massacres de civils, les déplacements forcés de populations, les violences sexuelles, l’insécurité alimentaire ainsi que le recrutement forcé d’enfants dans les groupes armés.
Face à ces atrocités, l’organisation plaide pour la mise en place de mécanismes judiciaires capables de lutter contre l’impunité et de garantir que les crimes commis dans l’Est de la RDC ne se reproduisent plus.
Elle appelle notamment à l’intervention de la justice pénale internationale et à la création de chambres spécialisées mixtes, présentées comme une revendication du peuple congolais. Selon elle, ces mécanismes pourraient contribuer à établir les responsabilités, à sanctionner les auteurs des crimes et à garantir la réparation des préjudices subis par les nombreuses victimes des violences qui endeuillent le pays depuis plus de trois décennies.
À travers cette prise de position, la société civile du Sud-Kivu réaffirme ainsi son exigence de justice, de protection des populations civiles et de respect de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
François WALY
