La fin de la dernière quinzaine du mois de septembre et le début de celle d’octobre 2023 ont été caractérisés par une succession d’événements aux allures de guerre froide entre le Bureau de l’Assemblée provinciale et l’Hôtel de ville de Kinshasa. Les dirigeants de ces deux institutions qui donnaient pourtant l’impression d’avoir fumé le calumet de la paix semblent avoir déterré la hache de guerre.
Le dernier épisode en date est cette déchéance intervenue lors de la séance plénière du samedi 7 octobre à l’issue de la laquelle le président de l’organe délibérant, Godefroy Mpoyi et le questeur Papy Epiana pourtant absents à l’hémicycle, ont été écartés du perchoir, par le groupe des élus provinciaux de Kinshasa .
La redoutable machine « dynamique Ngobila » dont les membres n’ont jamais digéré le rétablissement par la justice de celui qu’ils avaient déchu un mois avant la rentrée parlementaire ont, cette fois-ci, mis la barre très haut en mettant en cause tous les membres du bureau de l’assemblée provinciale . Le vice-président de cette institution, Francis Tshibalabala et le rapporteur, Junior Nemba Lemba, ont échappé à cette motion de déchéance qui les visait aussi.
Cette éviction du président de l’assemblée provinciale de Kinshasa intervient une semaine après la plainte pour diffamation que le Gouverneur de la ville de Kinshasa a déposé au Parquet général près la cour de cassation contre l’élu de Bandalungwa. Il lui reprochent son intervention sur les antennes de la radio Top Congo où il a déclaré que le gouvernement provincial de Kinshasa s’est endetté à la hauteur de 150 millions de dollars américains.
Mais avant la plainte déposée contre lui, Godefroy Mpoyi s’est illustré également dans une série de correspondances administratives adressées au gouverneur Ngobila. La première lui demandait de révoquer certains membres de l’exécutif dont le ministre des finances et celui de l’intérieur. Suite au silence de l’autorité urbaine, la deuxième correspondance sommait les ministres et les gestionnaires des régies urbaines de démissionner endéans 48 heures parce qu’ils seraient déjà traduits en justice.
Parmi les membres du gouvernement provincial indexés dans la lettre du président de l’assemblée provinciale figurent le ministre de l’intérieur Gratien Tsakala accusé de passivité face au phénomène Kuluna et les kidnappings dans la capitale; le ministre des finances Felicien Nkuluta et le Dg de la DGRK, Eddy Mfumumpoko à qui il est reproché l’incapacité de mobiliser les recettes financières ainsi que la commissaire générale en charge de l’environnement accusée d’entretenir l’insalubrité dans la ville de Kinshasa de plus en plus envahie par des montagnes d’immondices .
La guerre Continue