Kinshasa face à un choix crucial : réviser ou changer la Constitution, un débat qui divise
Le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution de la République démocratique du Congo divise profondément les habitants de Kinshasa. Entre ceux qui jugent le texte actuel inadapté aux réalités du pays et ceux qui redoutent une manœuvre politique visant à se maintenir au pouvoir, les opinions restent tranchées. C’est ce qui ressort d’un mini-trottoir réalisé par Kinshasa Magazine.

Vallery Mulenji, passionné de politique : pour une réforme en profondeur
« La Constitution actuelle présente des limites et des faiblesses qui entravent la bonne marche du pays ». Selon lui, une réforme en profondeur s’impose : « Je suis favorable à la révision, voire au changement de la Constitution. L’objectif est de doter le pays d’un texte adapté à ses réalités actuelles ».
Il évoque notamment la question de la nationalité : « Il est temps de reconnaître la double nationalité afin de permettre aux Congolais ayant acquis une autre nationalité de conserver leurs droits ». Vallery Mulenji plaide également pour une relecture de certains articles clés, comme l’article 10, qui devrait remonter à l’histoire réelle du pays en 1885, ou l’article 215 concernant la souveraineté nationale.

Arsène Ngusu, entrepreneur : pour une révision ciblée
« Je souhaite que la Constitution soit modifiée, et non changée ». Arsène Ngusu adopte une position plus nuancée. S’il s’oppose à un changement complet, il est favorable à une révision de points précis.
« Le pays fait face à de nombreux défis actuellement. Ouvrir un chantier de changement total de la Constitution serait inopportun ». Il estime que certains articles manquent de clarté et créent des zones d’ombre : « Ce sont ces points précis qu’il faut corriger », citant notamment la nationalité et la limitation des mandats.

Glody Kianga, informaticien : la gouvernance avant tout
« Le changement ou la modification de la Constitution n’est pas une priorité ». Pour Glody Kianga, le débat détourne l’attention des véritables urgences. « Il y a des priorités bien plus importantes, comme la lutte contre la corruption, l’insécurité ou l’impunité au sommet de l’État ».
Selon lui, les difficultés ne découlent pas du texte : « On ne peut pas dire que le manque d’infrastructures, d’eau ou d’éducation est causé par la Constitution. Le problème réside plutôt dans la gouvernance ». Il reconnaît toutefois que limiter les mandats des parlementaires à deux serait pertinent.
À Kinshasa, comme dans le reste du pays, la question constitutionnelle continue de susciter des débats passionnés, révélant à la fois des aspirations au changement et des inquiétudes profondes quant à l’avenir politique de la nation.
Par Magloire Mfumambala
