Kinshasa face au déficit d’électricité : une demande estimée à 620 MW en période de pointe
Kinshasa face au déficit d’électricité : une demande estimée à 620 MW en période de pointe
La capitale congolaise est confrontée à un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande d’électricité. Avec des besoins estimés à 620 MW en période de pointe, pouvant atteindre 700 MW, Kinshasa peine à garantir une fourniture régulière à ses habitants, dont la population est estimée à près de 20 millions.
Selon les statistiques de la Société nationale d’électricité (SNEL), la demande en énergie électrique dans la capitale dépasse largement les capacités actuellement disponibles.
Lors d’un échange avec la presse, le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, a rappelé que cet écart entre l’offre et la demande a conduit à la mise en place d’un système de rotation de la fourniture d’électricité entre les différentes zones de la capitale. Cette situation se traduit par des délestages pouvant atteindre jusqu’à 16 heures sur 24 dans certaines zones.
Face à cette situation, régulièrement dénoncée par la population, le directeur général de la SNEL a annoncé l’exploration de solutions alternatives d’urgence, notamment le recours à des centrales flottantes, en complément des investissements visant à accroître la production nationale.
Cette capacité a notamment été affectée par le retrait du G25, une unité mise en service en novembre 2025 et dotée d’une capacité de 193 MW, pour des raisons liées au contrôle technique.
Pour le responsable de la SNEL, l’amélioration durable de la desserte en électricité dans la capitale nécessite de renforcer les capacités de production et de mobiliser des ressources énergétiques supplémentaires afin de répondre aux besoins croissants de la population.
À l’échelle nationale, le parc de production électrique dispose d’une capacité installée estimée à près de 2 800 MW. Toutefois, la puissance effectivement disponible oscille entre 1 900 et 2 000 MW, notamment en raison de l’indisponibilité de certaines installations.
Cette insuffisance de production a contraint la République démocratique du Congo à recourir aux importations d’électricité, notamment en provenance de la Zambie, à hauteur d’environ 375 MW.
La SNEL entend désormais renforcer les capacités de production nationale afin de réduire progressivement cette dépendance et de répondre plus durablement à la demande. Pour Kinshasa, l’enjeu reste majeur : garantir une fourniture d’électricité plus régulière, améliorer les conditions de vie des habitants et accompagner le développement économique de la capitale.
François WALY Kinshasamagazine.cd
